« Nous sommes le Tiers-Pays, celui qui n'a rien et qui veut tout », celui qui vit là et qu'on ne voit pas, celui qu'on accuse de tout et forcément coupable du pire. La fable se poursuit. Charentaises fourrées aux pieds, je me place devant mon écran de télé, un sandwich en sursis entre les doigts et les deux yeux collés à une apparente fenêtre sur le monde. Mais de quel monde parle-t-on ?
A suivre au jour le jour ce qui alimente le climat électoral, on voit bien ce que c’est, la fatigue qui s’empare du pays, de son âme générale. Un premier ministre affirmait, il y a quelques semaines, que « la France n’était pas un pays fatigué ». « Il n’est pas », cela veut dire qu’il l’est ! Ce percutant déni ne révèle-t-il pas au contraire, à l’insu de son auteur, le mal dont nous souffrons le plus, ne trahit-il pas la peur de ce qui est pourtant une flagrante et galopante réalité ? Insupportable image, pour des dirigeants, que celle d’une nation aux bras baissés, d’une nation qui se lasse : comment ? Où sont passés les bras laborieux ? Où, l’énergie réparatrice qui fait un grand pays entrepreneur ?...