Dimitri Casali fait en ce moment la promotion de son “Altermanuel d’histoire de France – Ce que nos enfants n’apprennent plus au collège”. Dimitri Casali, c’est lui qui m’avait proposé le sujet de notre livre commun, “Ces immigrés qui ont fait la France” (et non “Ces grands immigrés qui ont fait la France” comme il aime à répéter sur les ondes avec emphase.) C’est lui aussi qui avait trouvé l’éditeur : Aubanel. A l’époque, Dimitri Casali disait vouloir faire le livre “qui réconcilie les Français”, noble tâche à laquelle je fus heureuse d’être associée car j’entendais par là, entre autres, lutter contre toute forme de xénophobie et de racisme en retraçant quelques destinées de personnages célèbres de l’histoire de France, nés “étrangers”.
« Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers. »
Après le Kärcher de Sarkozy et les prototypes trop nombreux d’Hortefeux, ces propos tenus par Nadine Morano lors d’un débat sur l’identité nationale sont à l’image de ce sinistre gouvernement qui se fourvoie dans ses calculs politiciens et démagogiques au risque d’instaurer un climat délétère dans notre pays.
Huit jours après l’élection de Barack Obama comme futur président des Etats-Unis d’Amérique, André Glucksmann publie, dans le Figaro (*), un article intitulé “Obamania et renoncement de l’opinion européenne ” dans lequel il analyse l’enthousiasme quasi général des Européens à l’égard de l’ex-candidat démocrate et s’inquiète de ce “rêve européen” qui “adoube un homme providentiel” risquant de décevoir. L’essayiste s’alarme ainsi : “Les opinions européennes, droite et gauche confondues, s'abandonnent à une vision postmoderne de l'histoire et démissionnent, comme s'il appartenait aux Américains et désormais à Obama seul de régir à notre place la gouvernance planétaire.” Ce n’est pas le fond de cette réflexion qui me choque, pertinente peut-être, légitime sûrement dans le droit d’un citoyen, intellectuel de surcroît, à commenter l’actualité du monde, mais la façon dont le polémiste présente le nouvel élu américain. Glucksmann écrit : “L’élection de Barack Hussein Obama n’est pas seulement un événement objectif, c’est un avènement subjectif.” L’utilisation du second prénom d’Obama, celui qui rappelle la religion musulmane de son père, m’a sauté aux yeux à la lecture de l’article, me paraissant, elle aussi, subjective.
Quand on dit “Vichy”, ça vous fait penser à quoi ? A une eau de source ? A une cure thermale ? A un week-end spa dans un lieu de verdure et de kiosques à musique à l’ancienne ? A une boîte de pastilles rafraîchissantes et digestives ? Oui, certes, mais encore ?...
Bien sûr, le simple nom de Vichy évoque aussi des choses beaucoup plus sombres. On pense tout de suite au Régime de Vichy : l’Etat français du maréchal Pétain, l’abrogation de la Constitution de 1875 qui met fin à la IIIème République, l’hôtel du Parc, Henriot, Marion, la Révolution nationale, “Travail, famille, patrie” remplaçant la devise républicaine de “Liberté, Egalité, Fraternité”, le recul de la laïcité, de la liberté de penser, mais surtout, dans le cas qui nous intéresse ici, les fameuses lois de Vichy contre les Juifs et les étrangers. Et qu’annonce la presse pour les 3 et 4 novembre prochains, à Vichy, justement ?
A côté du dynamisme commercial avec lequel nos vendeurs d’Etat bradent les intérêts généraux, il est temps, peut-être, de susciter de nouvelles humeurs collectives et, à l’intérieur du climat dépressif qui plombe une quantité croissante d’individus, d’allumer un beau foyer d’idées mortes. En vérité, ces idées-là ne le sont pas, mortes mais ce sont les morts-vivants qui nous tiennent lieu de gouvernants qui s’acharnent à le faire croire. Eux ont la pensée en cendres, depuis trop longtemps campés dans la volonté canine de ne pas lâcher un seul morceau d’un monde fait à leur convenance.