| Ecrit par Ouazene Samir,
le 07-03-2008
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Publié dans : Chroniques, |
Alors que l’état sioniste est l’invité d’honneur du salon du livre de Paris qui sera inauguré par Nicolas Sarkozy et Shimon Pérès le 13 mars les appels au boycott se multiplient en provenance du monde arabe.
En Palestine l’union des écrivains, par la voix de son président Al-Moutawakel, juge qu’il "Il n'est pas digne de la France, le pays de la Révolution et des droits de l'homme, d'accueillir dans son Salon du livre un pays d'occupation raciste".
Le Liban, place forte de la francophonie dans le monde arabe, boycottera la manifestation comme l’Egypte, où le président de l'Union des écrivains, Mohamed Salmawy, a dénoncé un "choix inacceptable alors qu'Israël se livre comme jamais aux violations des droits de l'homme"...
L’Iran et l’Arabie saoudite se sont également désistés comme certains éditeurs indépendants marocains et algériens.
En Italie, où Israël sera l'invité d'honneur en mai à la Foire de
Turin, ce sont l'égyptien Alaa Al-Aswani, auteur du best-seller mondial
« L'Immeuble Yacoubian », et la palestino-américaine Susan Abulhawa
qui ont dénoncé avec virulence le choix des organisateurs
De son côté, Le ministère des affaires étrangères français a justifié
l'invitation faite à Israël et jugé tout boycott « extrêmement
regrettable » tandis que Christine de Mazières, responsable du
Syndicat National du livre, organisateur de la manifestation, déclare
qu’elle n'imaginait "absolument pas que cette invitation soit prise en
otage dans une polémique qui [la] dépasse « (sic).
Côté Israélien, une voix précieuse ; celle du poète Aharon Shabtai ,
le seul écrivain parmi les 40 honorés qui ait choisi de boycotter le
salon, dénonce le salon comme « un acte barbare cyniquement camouflé
en culture [qui] manifeste un soutien à Israël, et peut-être aussi à
la France, qui appuie l’occupation. » .« Les juifs refusent de voir
que près de quatre millions de Palestiniens vivent, actuellement, dans
des camps de concentration, dans des camps de prisonniers, comme à
Gaza. » explique-t-il avant d’ajouter qu’il est de notre devoir de
combattre les discriminations et les persécutions israéliennes ;
d’avoir la même attitude que celles qu’eurent les écrivains, durant la
lutte contre le régime d’apartheid sud-africain ; l’attitude qu’eurent
des écrivains progressistes radicaux comme Brecht, Aragon, Breton, qui
organisèrent, sous le nazisme, un Congrès et s’efforcèrent de lutter
autant qu’il était possible contre la discrimination et la persécution
dont les juifs étaient les victimes. »
Calme plat pourtant du côté du monde littéraire français . Sur son
blog, Pierre Assouline va même jusqu’à faire la leçon aux partisans du
boycott qui « seraient bien inspirés de réfléchir à cet absolu
[puisqu’]un roman est par excellence le lieu de la liberté de l’esprit,
un écrivain est un individu qui ne représente et n’engage que lui-même,
il n’a de comptes à rendre personne. »
Des principes que ne semble pas partager Amir GUTFREUND, écrivain
Israélien honoré par le Salon du Livre. Militaire dans l’armée de l’air
Israélienne, celui-ci doit en effet présenter sa production littéraire
à la censure avant toute publication. « Mais ils n’ont jamais rien
trouvé à redire. D’ailleurs, en Israël, l’armée est si proche du peuple
qu’il n’y a pas de risque qu’elle se mêle de ce que j’écris »,
racontait dernièrement l’écrivain au journal Haaretz.
Nos plus jeunes lecteurs auront peut-être l’occasion d’écouter
sagement ses belles leçons de démocratie lors du cycle de rencontres «
Un écrivain Israélien rencontre les élèves de Seine-Saint-Denis » qui
se tiendront tout au long de ce salon ; Qui fait la France ? , absent
au salon, compte aussi sur eux pour en placer une pour les sœurs et les
frères de Gaza.
Collectif « Qui Fait La France ? »
Dernière mise à jour : 27-03-2008
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pas d'accord, suite
Ecrit par: Lucie (Invité) le 07-03-2008 19:10