REBEU ou REUBEU : n. ou adj. verlan de beur - FAM. PEJ. Arabe, beur. "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier. C'est ça!" Izzo. Des rebeux. (Le petit robert - Edition 2008).
Trois fois rien. Trois petites lettres, accolées au mot reubeu qui fait une entrée remarquée dans l’édition 2008 du petit Robert. Que ce mot affleure à la surface de la langue officielle est à saluer, mais qu’il soit escorté des lettres suivantes : PEJ est d’une cruauté inattendue. PEJ comme péjoratif. Oui, on a bien lu. Comment peut-on qualifier le mot reubeu de péjoratif ? Comment peut-on à ce point méconnaître la réalité française, telle qu’elle s’incarne quotidiennement dans le langage parlé ? Ce mot, certes familier, populaire, argotisé, n’est jamais péjoratif.
En réponse à l’article de M. Fabrice Pliskin consacré à notre ouvrage dans le Nouvel Observateur de cette semaine.
Toutes les critiques sont acceptables pour autant qu’elles restent dignes et ne visent pas, sous couvert de dérision, à dénigrer, à humilier et en somme à asseoir ou conforter une domination sur celles et ceux qu’elles visent.
Parce que nous pensons que la France est un pays moderne dont
le vivre ensemble s’élabore par le décloisonnement des mentalités, la
reconnaissance des souffrances particulières, la mise en récit de sa
diversité et de ses imaginaires
Parce que
nous refusons que l’espace public, seule ressource intellectuelle dont
dispose une société pour se penser, soit gaspillé par les vaines
polémiques, la dérision systématique, les discours convenus et
l’inlassable mise en scène des dominants
Le collectif Qui fait la France ? est né d'indignations communes et de coïncidences. Qu'ils soient auteurs publiés ou débutants, les membres de ce collectif partagent le goût d'une littérature du réel, sociale et revendicative, militant pour une reconnaissance sensible des territoires en souffrance et de ses habitants, et plus largement pour tous ceux qui n'ont pas voix au chapitre de ce pays.
C'est à l'occasion d'un reportage magazine qu'il a été décidé de sortir de l'aventure solitaire de l'écriture pour fonder ce collectif, à la fois entreprise intellectuelle et association juridiquement constituée. Le livre Chroniques d'une société annoncée est, en effet, la première et plus littéraire étape, puisque